Connaître, maîtriser et utiliser  la lumière en photographie.
 

- La lumière artificielle.
- La lumière du jour.
- Angle d'éclairage et rendu photographique.
- Mesure de la lumière.

 

Pour réussir de bonnes photos, le photographe doit jouer avec la lumière et en connaître toutes les subtilités afin d'obtenir sur la pellicule le résultat escompté. On distingue la lumière naturelle et la lumière artificielle.

 

    La lumière artificielle :

C'est la plus dur à maîtriser. En effet, en photo couleur, des dominantes colorées apparaissent rapidement en fonction du type d'éclairage utilisé : ampoule classique, tube néon, flash de l'appareil ... de plus, lorsque ces sources sont mélangées, le phénomène est encore plus dur à maîtriser.

Dans le cas du négatif couleur il est possible de corriger les dominantes lors du tirage sur papier. Il est aussi possible d'utiliser des pellicules spécifiques dites « lumière artificielle », équilibrées pour 3200 degrés Kelvin. Il est aussi possible d'utiliser un film lumière du jour en utilisant un filtre spécifique qui rétablira la température de couleur. Pour les éclairages de type tube néon, on peut par exemple utiliser le filtre FLW de chez Cokin.

 


Photo sous néon sans filtre FLW.


Photo sous néon avec filtre FLW.

Dans le cas de la diapositive, seuls le filtrage ou l'utilisation de film « lumière artificielle » comme le Kodachrome, équilibré pour l'éclairage tungstène, sont des solutions envisageables.

Le flash, quant à lui, est normalement équilibré pour générer une lumière proche de celle du jour et permet donc de rétablir un équilibre des couleurs en éclairage artificiel. Mais cet équilibre n'est pas toujours recherché et le mélange des sources, les dominantes volontaires permettent aussi de réaliser des images aux couleurs originales et agréables à l'œil. Il faut apprendre à gérer les différentes situations lumineuses et à en tirer profit...
 

Type de lampe

Température de couleur

Lumière du jour

entre 6000 et 12000°K
(en fonction du temps)

Flash electronique

5800°K

Lampe à arc

5200°K

Lampe photo flood

3400°K

Lampe quartz

3200°K

Lampe incandescente 75W

2800°K

Température de couleur de lampes courantes.

 

    La lumière du jour:

La lumière du soleil n'est ni constante ni uniforme. La hauteur du soleil, les nuages, la pollution...sont autant de facteurs qui affectent cette source naturelle de lumière et rendent les variations possibles infinies.

Toutefois, il faut retenir que la température de couleur du soleil varie aussi en fonction du moment de la journée. Il est donc possible d'obtenir des rendus différents d'une même situation en fonction de l'heure de prise de vue. 

- A l'aube, les tons sont plutôt froid et bleutés.

- A midi, l'éclairage est généralement neutre mais comme le soleil est à la verticale il n'y a pratiquement pas d'ombre; ce qui rend les photos plutôt banales. Vous aurez donc compris que le milieu de journée n'est pas le moment idéal pour la photo!

- A partir de 16-17 heures et ce jusqu'au coucher de soleil, la lumière se réchauffe (tons orangés) et offre au photographe une panoplie de rendus d'éclairage très propice à la prise de vue. De plus, le soleil bas sur l'horizon génère des ombres modelées qui mettent en valeur l'aspect tridimensionnel de la scène. Par contre, cela souligne excessivement le visage humain qui devient vite inesthétique...

 

Dans tout les cas il est possible, par des moyens simples, de contrôler partiellement le rendu de la lumière du jour, notamment lorsque l'on fait des portraits ou des photos de personnes en général. Il est possible:

- de déboucher les ombres disgracieuses sur les visages: soit en utilisant une surface réfléchissante (réflecteur spécial photo ou plus simplement un drap blanc ou une feuille d'aluminium pour un "débouchage" plus musclé) qui renvoie une partie de la lumière du soleil sur le visage afin d'éliminer les ombres. Soit on utilise le flash (et oui, même en plein jour!) pour effacer ces ombres. Dans ce cas, il faut un flash qui permet une synchronisation musclée type 1/250ème; rarement disponible sur des appareils même de type "amateur expert" qui ne montent que rarement au dessus de 1/125ème de seconde. La solution consiste à fermer le diaphragme afin de diminuer la vitesse mais si l'on ferme trop le diaphragme, la portée du flash diminue. Des flash récents comme la gamme EX de chez Canon propose comme alternative la synchronisation "Haute vitesse" qui permet une synchronisation à toutes les vitesses au détriment bien sûr d'une perte de puissance du flash. Cette dernière solution reste néanmoins le meilleur compromis.

- de diffuser la lumière pour l'adoucir: il suffit d'utiliser une mousseline de nylon fixée dans un cadre en bois fait maison. L'éclairage est alors réparti de façon plus homogène sans ombres dures.

- d'intercepter la lumière solaire: en utilisant un carton noir dit "coupe flux". Il permet de retenir les rayons du soleil et d'obtenir un éclairage plus flatteur du sujet. Cette interception évite aussi le clignement des yeux éblouis du sujet photographié.

 


Réflecteurs, diffuseurs...

N.B: pour le noir et blanc, pas de problème de dominante colorée...tout réside dans la bonne gestion des ombres (ce qui n'est pas plus simple!).

 

    L'angle d'éclairage et le rendu photographique:

Le photographe doit savoir positionner l'éclairage par rapport au sujet (en lumière artificielle ou studio) ou le sujet par rapport à l'éclairage (en lumière du jour) afin d'obtenir un rendu précis et de mettre en valeur le sujet ou l'objet photographié.


Voici quelques exemples:

- l'éclairage de face aplatit l'image et efface tout relief tout comme l'éclairage du dessus (cas du soleil à midi). A éviter.

- l'éclairage frontal (de face et de dessus) provoque des ombres généralement dures et courtes. A éviter.

- l'éclairage de 3/4 face et légèrement plongeant constitue l'éclairage standard efficace pour de nombreuses prises de vues.

- l'éclairage de côté (latéral) permet de mettre en valeur le relief du sujet photographié.

- l'éclairage de dessous permet d'obtenir un rendu particulier qui met en valeur le sujet et qui lui procure un caractère dramatique.

- l'éclairage de 3/4 arrière permet de bien restituer la notion de profondeur et de relief.

- l'éclairage en contre jour (source lumineuse derrière le sujet, face à l'appareil photo) fait apparaître un effet de contour brillant du sujet. Très utilisé en portrait pour faire ressortir la silhouette de la chevelure du modèle photographié. Cet éclairage nécessite quelques précautions: pour éviter une sous-exposition du sujet, mieux vaut y adjoindre un éclairage de 3/4 face.

- l'éclairage indirect permet d'éclairer le sujet par réflexion de l'éclair de flash sur un mur ou un plafond blanc. Ceci permet d'obtenir une image plus naturelle et une meilleure homogénéité de l'éclairage de la scène. Il faut donc privilégier les photos avec un flash de type "cobra" à tête inclinable vers le haut.

Il est bien sûr possible et conseillé (surtout en studio) d'associer plusieurs sources lumineuses afin de "modeler" le sujet et de la mettre en valeur. Mais il faut penser à bien équilibrer la puissance des différentes sources lumineuses pour obtenir une lumière principale dominante afin que les ombres se dirigent dans le même sens et une ou des lumières secondaires d'appoint qui adoucissent les ombres pour en faire ressortir tous les détails.

 

 

    Mesure de la lumière:

Les appareils photo récents disposent d'un système de mesure de lumière intégré appelé posemètre. Il intègre et interprète la quantité et la répartition de la lumière passant au travers de l'objectif. Il mesure donc la lumière réfléchie par le sujet photographié. Il règle alors le diaphragme et la vitesse (mode automatique) ou le diaphragme en fonction de la vitesse d'obturation choisie par le photographe (mode priorité à la vitesse) ou bien encore la vitesse en fonction du diaphragme choisi par le photographe (mode priorité au diaphragme). Il permet aussi, en mode semi manuel, d'indiquer l'écart d'exposition entre l'exposition correcte théorique et le couple diaphragme/vitesse choisi par le photographe.

 

Il existe en général 3 modes de mesure de la lumière sur les appareils reflex modernes:

- la mesure multizone: le posemètre découpe l'image en plusieurs surfaces sur lesquelles il mesure la lumière. Il intègre ensuite les variations d'éclairage entre ces diverses zones et les compare par rapport à des situations prédéterminées enregistrées dans sa mémoire afin de proposer le couple diaphragme/vitesse idéal. C'est le mode de mesure qui convient à la plupart des situations.

- la mesure spot permet de mesurer la lumière sur une petite surface de l'image (généralement à l'intérieur d'un cercle de 5% de la surface de l'image au centre du viseur). Ce mode de mesure donne au photographe le choix de la partie de l'image sur laquelle il veut que la mesure soit faite. Ce mode convient particulièrement à des scènes ou les écarts de lumières sont importants et permet au photographe de privilégier une partie précise de cette scène. L'utilisation de ce mode nécessite néanmoins une certaine expérience.

- la mesure pondérée centrale. C'est un mode de mesure ancien qui ressemble à une mesure multizone mais qui favorise la zone centrale de l'image.

Les appareils photo à posemètre intégré proposent également un "correcteur d'exposition" qui permet de sous-exposer ou de surexposer volontairement l'image. Là encore, une certaine maîtrise de la mesure de la lumière est nécessaire. Par exemple, on peut surexposer de 1IL les photos prises sur la neige car le fort pouvoir réfléchissant de la neige blanche "trompe" le posemètre intégré qui aura tendance à sous exposer l'image et donc à donner une neige grise et donc des personnages sur la neige quasiment noirs!

Ceci s'explique: transformées en valeurs monochromes, les scènes de la vie courantes présentent une valeur moyenne de gris à 18%; on l'appelle le "gris neutre" et le posemètre intégré est étalonné pour voir toutes les situations comme si elles étaient grises à 18%.  Dans le cas précédent, la neige blanche est rendue comme un gris neutre à 18%, d'ou la sous-exposition générale de l'image.

La correction d'exposition permet donc de contourner ce genre de problème mais elle est souvent aléatoire surtout qu'en plus de faire une mesure par rapport à un gris neutre, le posemètre intégré interprète l'information et la modifie pour améliorer l'image. Donc, corriger une valeur d'exposition interprétée et corrigée (sans savoir dans quel sens et à quelle amplitude) par le posemètre, rend le résultat très aléatoire. Dans les situations difficiles, mieux vaut utiliser le posemètre à main (indépendant de l'appareil).


Posemètre à main.

Le posemètre à main. Il permet de mesurer la lumière incidente (qui vient sur le sujet) alors que le posemètre intégré mesure la lumière réfléchie par le sujet. Le posemètre à main mesure donc la lumière réelle éclairant la scène sans tenir compte des hautes lumières et des ombres de la scène qui perturbent le posemètre intégré comme nous l'avons vu précédemment.

 

Vous l'aurez compris, la maîtrise de la lumière reste la pierre angulaire de la photographie. Ce n'est qu'en respectant ces quelques règles de bases et surtout en expérimentant de nombreuses situations d'éclairages que l'on progresse...
 

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Photographies de Vincent Drouillon